SAMUEL GALLET

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LES ENFANTS ATOMIQUES




LES ENFANTS ATOMIQUES






Alors que des mouvements de contestations politiques se multiplient dans une grande ville d’Europe, quatre jeunes gens investissent une maison en ruine. Chacun pris dans ses rêves, ils s’organisent, se répartissent les tâches, se confrontent, tentent d’inventer un avenir neuf. Jusqu’à ce que l’ancienne habitante – une marginale alcoolique – ne refasse surface. Dans Les Enfants atomiques, - dont l’adjectif fait référence tant à la menace de dissolution géopolitique qu’à l’intime d’une famille nucléaire (mère-père-enfant ) dont le noyau a explosé et dont les membres dès lors flottent déliés dans l’espace - nous souhaitons faire entendre la diversité des manières que nous avons pour nommer le réel et venir questionner ce que nous mettons en commun aujourd’hui en Europe au-delà d’un espace économique, quels imaginaires, quelles histoires, quelles nouvelles utopies, et affirmer par là que l’identité n’est jamais chose stable et figé, mais s’invente dans les mélanges et les rencontres, toujours en avant, toujours à naître.

EXTRAIT. -

MARINA. - Qui a de l'argent ? Qui a pris de l'argent à sa famille ?

BEN. - J'ai piqué cent euros dans le portefeuille de mon oncle.

MARINA. - Mets-les dans la boite collective.

BEN. - C'était dimanche dernier. On était au fromage. Mon père et mon oncle parlaient des élections/

CAROLE. - Dans la boite collective.

Ben sort l'argent de sa poche et va le mettre dans la petite boite en carton.

MARINA. - C'est la boite collective. L'argent qui est dedans c'est uniquement pour les besoins du groupe.

KANTOR. - Bon autant vous le dire tout de suite, je ne sais rien faire. Je sais pas allumer un feu, je sais pas bricoler, je sais pas faire marcher l'électricité, je sais pas réparer une voiture, je sais pas me battre, je sais pas voler dans les supermarchés et je n'aime pas beaucoup me salir.

MARINA. - T'as du fric ?

KANTOR. - Un peu.

MARINA. - Tu le mets ici.

KANTOR. - Je peux rien garder pour moi ?

MARINA. - Ici tout est à tout le monde.

KANTOR, fouillant dans ses poches. - Mince, j'ai dû le perdre quelque part.

BEN. - Arrête de mentir.

KANTOR. - Ah non voilà il était là.

Il sort un billet tout froissé et va le mettre dans la boite collective.

MARINA. - C'est comme vous voulez mais je vous préviens, quand ce sera la crise totale et absolue, quand y aura l'armée dans toutes les rues et que pour rentrer dans vos lycées, faudra passer par des détecteurs d'armes, quand y aura des massacres et des scènes de cannibalisme en plein jour à Paris Lyon Berlin Rome Madrid, quand les banques organiseront elles-mêmes la répression et extermineront les pauvres à bout portant, quand ce sera vraiment le chaos, faudra mieux ne pas être tout seul, être solidaire et bien organisé.

Ben et Kantor fouillent dans leurs poches et vont mettre encore un peu d'argent dans la boite collective.



FOULES

EROLD

Création 2012
Une production du Préau CDR de Basse-Normandie – Vire
Samuel Gallet – texte, interprétation
Baptiste Tanné – composition musicale, guitare.
Grégoire Ternois - Composition musicale, percussions, N'goni
Marc Pieussergues - Son
Samaël Steiner - Lumière

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L'HISTOIRE

Erold est l'histoire d'un jeune garçon qui fugue de l'établissement dont il est élève et qui part en voyage à travers la France pour finalement rejoindre l'Espagne et les mouvements de contestation politique. La forme musicale et théâtrale créée en résidence en décembre 2011 et janvier 2012 dans les collèges et lycées de Vire et du Bocage virois tente d'exprimer les tensions qui traversent l'adolescence - mais aussi régulièrement l'âge adulte - entre refus du monde et inscription dans le réel. Une enquête poétique, musicale et théâtrale, sur les rêves et les révoltes de la jeune génération.


UN POEME ROCK

Après Oswald de nuit, nous poursuivons notre recherche d'une forme qui se situerait entre une fiction dramatique et un théâtre plus choral. A la croisée du théâtre et du concert, alternant entre incarnation fictionnelle et distanciation narrative, incarnation et déclamation, ce dit poétique, chanté et parlé, soutenu par une guitare, des percussions et un N'Goni (instrument traditionnel d'Afrique de l'Ouest), évoque le voyage initiatique d'Erold à travers la France et l'Europe contemporaine.


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Extrait 1

La sonnerie a sonné
Erold regardait
Erold voulait juste être ailleurs

La cour s'est vidée comme un chiotte
Ils sont tous montés dans les bâtiments
Comme si c'était normal de monter dans des bâtiments
Et peut-être que ça l'est

Erold est resté debout dans la cour
Et c'est alors que le soleil est revenu
Les bancs vides
Les couloirs
Le parking avec les voitures
La route derrière le portail
Et il est parti

Personne ne l'a vu
Est-ce que quelqu'un l'a déjà vu ?
Réellement ?
Comme il se voit lui ?
A l'intérieur de lui-même ?

Il a marché dans la ville
Toutes les vieilles maisons alignées les unes contre les autres
Et tous les gens dedans qui regardent par leur fenêtre
Qui surveillent
Etonnés que la vie leur passe d'un coup sous le nez
Et ils cherchent le coupable

Erold est sorti de la ville
S'est perdu dans les campagnes
S'est assis sur une pierre
A regardé les champs
La terre humide
La boue

Le monde est un petit caillou qui s'endort

Il a dit

Et puis il est allé sur le bord de la route

Ils me cherchent maintenant
Sûr qu'ils ont déclenché le machin alerte enlèvement
Moi je reviendrai jamais''


Extrait 2

Erold voyage
Les trains partent
L'hiver vient
Les saisons tournent
Il se perd
Dans des visions matinales

Métros aériens
Rues coupées au couteau
Vies innombrables
Rêves en pagaille
Orages
Amours informulables

Et ce qui s'efface
De ta mémoire
Chaque jour
Les douces substances
Qui meurent en ta mémoire
Chaque jour
Ce que tu as laissé
Derrière toi
Dans les grands établissements de l'enfance

Les animaux morts
La brume
Le froid
Le givre
La solitude au milieu de tous
La joie du troupeau

Le temps invisible passe
Et laisse des traces près des yeux
Comme celles d'abord
Des oiseaux mouches
Sur la surface d'un étang
L'été

Avant l'anéantissement

Erold circule
Erold s'endort
Vit
Erold est lui-même
Il tombe sur un journal
Laissé sur le siège vide d'un métro

Disparition du jeune Louis
Les recherches restent sans résultat

Il ricane
S'appelle Erold
Ne s'appelle pas Louis
Lèche les lèvres humides d'amoureuses imaginaires
De celles qui viendront
Lèche les lèvres humides d'amants imaginaires
De ceux qu'il croisera sur sa route

Il circule
Personne ne l'en empêche
Sur le bord du fleuve
Il parle
Avec ceux qui se brûlent le bout des doigts
Avec des briquets pour faire disparaître
Leurs empreintes digitales

Africains
Roumains
Tziganes
Roms

Nous sommes les esclaves de la terre

Ils disent

Il n'y a aucune place où nous puissions être
Nous sommes nomades
La terre n'appartient à personne
Les lents mouvements des nuages
Circulent au-dessus de tous les cerveaux sans distinction
Le reste c'est des histoires de guerre

Et c'est encore un fleuve
Qui disparaît au loin
Et renaît près des deltas
Encombrés d'algues molles

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COMMUNIQUE N° 10 - aux Editions Espaces 34



Visuel communiqué

Dans une grande ville, des violences urbaines éclatent suite au meurtre du jeune Lakdar. A la périphérie, au neuvième étage d'un immeuble, son frère aîné, Hassan, écrit des menaces de mort au ministère de la Justice, confie sa mère à une jeune photographe Marlène qu'il a rencontré avant les événements et part incendier un tribunal. Pourquoi faut-il que nous perdions toujours ? Pourquoi faut-il toujours ressembler à nos pères ?


EXTRAIT:

Nous sommes les enfants – nos parents n'ont plus rien à nous dire –,communiqué numéro 8 depuis la mort de Lakdar. Patrouilles, nous ne revendiquons pas l'incendie du tribunal, n'empêche que c'est une sacrée bonne idée et que nous avons dansé ensemble dans la nuit quand nous avons appris la nouvelle. Vive l'amoureux anonyme à l'origine de cette action. Vos lois – ne nous prenez plus pour des cons – ne servent qu'à embêter nos amoureux et nos amoureuses et jamais les vôtres comme c'est bizarre. Vous avez aussi été féroces, patrouilles. Vous avez arrêté l'amoureux numéro 25 alors qu'il était en train de chier dans vos systèmes d'aération. Vous l'avez emmené en cellule, paraîtrait même que vous lui avez donné le fouet. Laissez-le tranquille, il ne pourra vous donner aucun nom, c'est notre amoureux le plus jeune. Si vous le gardez détenu dans vos prisons puantes avec vos règles puantes devant vos juges macaques, gare à la riposte. Nous vous laissons deux heures. Vous avez aussi interpellé cinquante individus qui vous tiraient dessus au fusil à pompe ou vous attaquaient à l'arme blanche. Inutile de les torturer, ils ne savent rien, ce ne sont pas nos amoureux. Nous ne voulons pas vous tuer nous, nous voulons vous faire mourir de honte. Nous voulons être pour vous un cancer qui vous bouffera le ventre, les tripes, les intestins, les reins, l'oesophage, les voies respiratoires et j'en passe mais ça fait très mal. Patrouilles, arrêtez vos enfantillages. Vous êtes désespérées. Votre travail n'a aucun sens. Vous êtes au service de chefs qui vous méprisent et vous humilient. Vos vies sont nulles. Vous n'avez aucun amoureux et aucune amoureuses sinon vos maris et vos femmes qui fument des clopes devant la télé. La vie vous la regardez sur des écrans achetés à crédit dans des maisons achetées à crédit et vous laissez quelques vedettes débiles la parler à votre place. Abandonnez vos chefs qui vous obligent à vivre ainsi et rejoignez-nous. Pour cela, il vous suffit d'envoyer dix boules puantes au ministère de la Justice et de marcher tout nu dans la ville avec une pancarte où sera écrit en rouge JE SUIS UN COCHON MAIS TOUT N'EST PAS PERDU LE MONDE SERA SAUVE PAR LES GAMINS. Une de nos sentinelles viendra alors à votre rencontre. Mais pas d'entourloupettes, patrouilles. N'essayez pas de nous avoir avec la tactique affligeante de l'appât. Vous avez la force mécanique, terrestre et aérienne, mais nous connaissons nos territoires par coeur. Habitants, tenez bon. Il n'y a aucune raison d'être triste. La ville restera à nous. Tout nous appartient. A demain pour le prochain bilan de la bataille. Fin du communiqué numéro 8.

''

ENCORE UN JOUR SANS - aux Editions Espaces 34



Encore un jour sans_Couv:0608

À la périphérie d’une grande ville, une friche. Deux jeunes hommes, Yarold et Simon, vivent dans un hangar près duquel a échoué la caravane de Magda, une vieille femme malade et impotente. Simon est « inapte », inadapté au monde. Alors, chaque jour, Yarold se rend en ville. Il va acheter ce qu’il faut pour manger, ce qu’il faut contre la douleur de Magda. Mais il n’a qu’un seul désir, ne jamais revenir et s’enfuir avec Anita, la jeune serveuse du bar 64.

Encore un jour sans s’interroge sur les forces mises en œuvre dans un système où l’enfermement (individuel, social) des uns agit inéluctablement sur la vie des autres. Quels choix s’offrent aux êtres vivant aux marges entre impuissance et espoir d’un devenir ?

EXTRAIT:

YAROLD. - Tu as une douleur parce que tu grandis.

SIMON. - Tu crois que l'arbre aussi ?

YAROLD. - L'arbre quand il grandit a une douleur comme toi.

Est-ce que l'arbre s'inquiète Simon ?

SIMON. - Il ne parle pas.

YAROLD. - Parce qu'il n'a aucune inquiétude du tout. Parce qu'il sait que quand il a mal c'est qu'il grandit.

(extrait, p. 19)

ÉDITIONS ESPACES 34

OSWALD DE NUIT ( A paraître aux éditions Espaces 34 )

oswald.jpg

Présence secrète dans les murs de la ville, figure cassée en voie de destruction, Oswald s'enferme dans la chambre 64 d'un hôtel quelconque, sniffe de l'essence, s'entoure de spectres qu'il convoque ( sa mère, un pharmacien de garde, une femme récitant la météo sur un répondeur téléphonique), souvenirs lointains de l'enfance, fantasmes. Le nom d'Oswald est repris à la fois au personnage de la pièce d'Ibsen, Les Revenants ( où le fils sombre dans la folie héritée du père ) et à celui de l'assassin de Kennedy ( simple pion, alibi médiatique d'une bien plus grande machination).

AVEC

BAPTISTE TANNE : Composition musicale et guitare
MELISSA ACCHIARDI : Composition musicale, vibraphone, batterie, voix.
SAMUEL GALLET : Texte, harmonica et voix

__EXTRAITS SONORES _
extrait 1
extrait 2
extrait 3

Enregistrés en concert.


myspace


B.Tanné

Mélissa Acchiardi




Samuel Gallet


Baptiste Tanné


M.Acchiardi




Photos : Sylvestre Nonique-Desvergnes























L'ENNEMI ( Deuxième volet d'Oswald de nuit )

L'ENNEMI

Texte : SAMUEL GALLET
Interprétation : JEAN-PHILIPPE ALBIZZATI
Création sonore : MELISSA ACCHIARDI ET BAPTISTE TANNE

Si vous saviez les nuits que je passe avec l'ennemi, vous vous constitueriez partie civile. Entre lui et moi les choses sont devenues claires. Je sais les gestes à faire et lui connaît les siens. Dehors et dedans face à l'hygiaphone. Il rôde sur la place et cogne contre les vitres. Parfois c'est sa tête qu'il frappe sur le sol devant. Pour l'ouvrir en deux et que tout s'échappe enfin vers les étoiles pourries. Allez savoir. Ce sont ses mots. Pas les miens. Je suis pragmatique. J'étais. A cause de l'ennemi. Le mien. Celui qu'il est devenu. Mais je dois revenir avant. Une nuit, je ne sais plus laquelle, il est arrivé sur la place près du fleuve. Je l'ai vu et j'ai compris le lien qui allait désormais nous unir. Ma vie est devenue une lutte contre l'ennemi. Dans la journée chez moi, loin de la place, je l'entends encore dans l'hygiaphone. Il parle dans l'hygiaphone et me raconte des histoires incompréhensibles. Errances dans des caves au milieu de blattes et de bestioles rampantes. Nuits de baises ivres sous un pont ou dans le local à ordures d'un immeuble bourgeois. Et ces histoires sordides, pourquoi croyez-vous qu'il me les raconte sinon pour m'amadouer et que je lui serve ce qu'il demande ? Je ne cède jamais. Je pourrais. Il reviendrait le lendemain. Avec d'autres. Cela ferait jurisprudence, vous comprenez ? Ma forteresse doit garder la réputation d'être imprenable. Je sais ce que vous pensez. Pourquoi ne pas lui donner quelque chose de bien toxique pour me débarrasser de lui ? Mais la relation avec son ennemi exige une grande probité. Respecter son ennemi, c'est se respecter soi-même.


Jean-Philippe Albizzati

ROSA ( Troisième volet d'Oswald de nuit )

ROSA

AVEC

BAPTISTE TANNE : Composition musicale et guitare

MELISSA ACCHIARDI : Composition musicale, vibraphone, batterie, voix.

SAMUEL GALLET : Texte et voix


Je suis l'insurrection. J'habite le silence des villes. Des centaines de chambres. Des milliers de halls d'immeubles. Des centaines de millions de caves. J'attends mon heure sur des matelas pourris. Dans l'odeur rance des latrines. Dans la pénombre des arrières-cours. Des flots de colère me nourrissent. Se multiplient en moi. Je suis portée par la voix des disparus. Par l'amertume des perdants. Je renverse maisons et villes. Je charrie vivants et morts. Je suis l'angoisse des despotes. La panique policière. L'obsession terroriste. Ce qui couve dans les regards éteints des RER. La vengeance contre les statistiques du chômage. Contre les statistiques des suicides. Contre les statistiques de la bourse. Contre l'absence de chair. J'existe comme possibilité permanente dans cent mille bouteilles vides. Dans les bidons d'essence. Au creux des précipices. J'attends une étincelle. Je suis imprévisible. Je suis l'hygiène des masses. L'attaque avec les pierres. La destruction en une nuit d'un centre ville. En moi des foules contradictoires s'étreignent. Je suis la joie des aigris. La revanche des vaincus. Le scoop des journalistes. L'espoir des révolutionnaires. Le réconfort des brutes. Je suis un volcan en sommeil sur le poumon collectif. Les fautes d'orthographes dans les déclarations d'amour inscrites au cutter sur les murs des prisons. Je me nourris du cynisme des nantis. De la résignation des esclaves. Des gestes nerveux des traders. Du profond désir du krach. Mes enfants n'auront bientôt plus rien à perdre et se reproduiront dans les rues et les cuisines dans les tunnels et les basses-cours. Connais-tu l'heure de la fin de la nuit ? L'accord exact de la sérénité ? Ne fais pas semblant d'être mort. J'entends encore ton souffle. Il ne t'a pas frappé si fort. Ses mains étaient molles et puis il s'est enfui là-bas vers le fleuve. Deux animaux ivres. Deux jeunes vieillards perdus dans la nuit. Deux frères. Personne ne regardait. Les gens dansaient aux terrasses. Debout. Relève-toi. Raconte-moi comment vous vivez ici. Comment vous analysez vos rêves. Où est-ce que vous inventez un monde autre. Le monde. El mundo. The world. Die welt. Comment est-ce que tu dirais toi ? N'importe quoi. Le premier mot qui te passe par la tête. La première image. Ton objet fétiche. Ton animal totem. Ta vision habituelle dans l'orgasme. Tes vies antérieures. Comment est-ce que tu imagines la planète dans trois siècles ? Tu crois à l'apocalypse ? Est-ce que tu as déjà aimé quelqu'un au point de vouloir que l'univers s'effondre ? Pourquoi est-ce que tu restes sur le sol ? Pourquoi tu ne rejoins pas les forêts ? Pourquoi tu ne vas pas te perdre un peu dans la mer ?





Rosa 4


REANIMATION

REANIMATION

Un monologue de Samuel Gallet

Mise en scène Kheireddine Lardjam

Avec Aurélie Edeline

Coproduction : Cie El Ajouad / Centre Dramatique de Vire

Réanimation

Louise, 32 ans, part en catastrophe à Athènes pour tenter de retrouver sa jeune soeur Rosa qui a disparue il y a cinq jours après avoir été blessée dans une manifestation contre le plan d'austérité budgétaire mis en place par le gouvernement grec sous la pression de l'Union Européenne. Parcourant la ville, les rues, les places en vain, elle se retrouve à l'hôtel où vivait Rosa et lui parle comme pour la faire ré-apparaître. Se fait alors entendre la fragilité et l'intensité de leur rapport fait d'amour, de tendresse, d'incompréhension et de tension violente entre acceptation du monde tel qu'il est et refus radical.

EXTRAIT

Quelqu'un lance une pierre. Des boucliers se lèvent. Quelqu'un crie. Tu as allumé la mèche et jeté le Cocktail Molotov. Explosion. Coup de feu. Les flics chargent. Je ne sens plus ta main dans la mienne. Tu es tombée. Je t'attrape par les épaules, te secoue. Des flics arrêtent des manifestants, les plaquent contre les murs. Des caméras regardent. Des gens regardent à la télévision ce que les caméras regardent. Nos parents regardent la télévision Rosa. Je regarde la télévision Rosa. Mais personne ne voit rien. Je cours. Je t'emporte. Sur mes épaules, mon dos, à travers les avenues, loin des fumées, des affrontements, loin des arbres plantés dans le sol comme dans des cercueils. Nous dépassons les routes, les friches, la nuit nous dissimule, je sens ton coeur qui palpite dans mon dos. Ne lâche pas petite soeur. Accroche-toi. Tu as encore tant de choses à vivre. Habiter des villes. Dériver. Connaître des milliers de rues. Avoir cent quarante mille amours. Aimer éperdument. Devenir quelqu'un d'autre. Ne pas dormir pendant une semaine. Tatouer des centaines d'yeux sur les tiens. Faire la fête sur des places avec ceux de Paris-Madrid-Bruxelles-Rome-Barcelone. L'impression d'être à la fois une feuille, une table, de ne plus sentir les limites de ton corps, de te dissoudre, de te disperser dans le cosmos. Tu es dans cette table Rosa, dans ce mur, tu es dans cette pierre, dans toutes les choses et j'attends que tu apparaisses.

TEXTE INTEGRAL ICI : REANIMATION.VERS.DEF.pdfICI

NOTE

A notre première rencontre avec Kheireddine Lardjam, nous avons beaucoup parlé du poète algérien Kateb Yacine sur lequel je travaillais et nous échangeons depuis régulièrement sur la question du théâtre politique, de ses formes, ses impasses, son efficience. Lorsqu'il m'a passé commande pour écrire à partir de la thématique du mensonge dans l'Histoire, il m'a semblé évident qu'il me fallait poursuivre par la fiction dramatique nos réflexions sur les rapports que nous entretenons avec la politique. Plus qu'un théâtre de l'indignation face aux dérives politiques actuelles, ce texte cherche à questionner la tension qui caractérise il me semble notre sensibilité contemporaine entre résignation quasi générale à l'ordre des choses et profond désir d'émancipation. Ce texte est également hanté et traversé par les mots de la poète argentine Alejandra Pizarnik.

Je suis contre. Ni religion ni politique ni ordre ni anarchie. Je suis contre ce qui nie la vraie vie. Et tout la nie justement. C'est pour ça que j'ai envie de pleurer et que je n'en ai pas honte, ou plutôt si, j'en ai honte et j'ai envie de me cacher et j'ai même honte de vouloir me suicider. Tout ça est tellement ridicule. Et moi alors, moi aussi j'ai parlé. Moi aussi j'ai ouvert ma gueule et elle s'est remplie de miasmes. Mais maintenant je sais. Je sais que tout m'est égal. Je sais que rien ne m'est égal et que je veux crever, brûler, exploser. Tout ça, ce n'est pas la vie. Ce n'est pas la poésie. Je veux chanter et il n'y a rien à chanter, personne pour qui chanter. Il n'y a que de la merde, et la merde, on l'insulte. Mais je voudrais bien chanter.

ALEJANDRA PIZARNIK, Journaux 1959-1971. Traduction : Silvia Baron Supervielle.

DU 16 AU 20 AVRIL 2011 AU PREAU CDR de VIRE


Compagnie El Ajouad
LE PREAU ( CDR de VIRE )

PARUTION CAHIERS ARMAND GATTI

Gatti1


Gatti2

Parution de la revue le 20 mai 2010. 236 pages en couleur. Dimension : 24x19 cm Prix de vente au numéro: 22 € + frais de port (ex: 3,92 € pour la France métropolitaine) Edition : La Parole errante

LA COOPERATIVE D'ECRITURE

La coopérative d'écriture




2010, 13 écrivains dramaturges créent...

La Coopérative d’Ecriture réunit 13 écrivains fondateurs : Marion Aubert, Mathieu Bertholet, Enzo Cormann, Rémi De Vos, Nathalie Fillion, Samuel Gallet, David Lescot, Fabrice Melquiot, Yves Nilly, Eddy Pallaro, Christophe Pellet, Natacha de Pontcharra et Pauline Sales.

Elle est le résultat d’affinités électives. Depuis plusieurs années, se sont affirmés des lieux de rendez-vous privilégiés, points de consolidation des liens qui ont donné naissance à la Coopérative : d’abord, les rencontres d’auteurs organisées à la Comédie de Reims, à travers « Le Laboratoire des Ecritures pour la Scène» impulsé par Fabrice Melquiot, puis au CDDB, à Lorient, à travers « Le Club des Auteurs » initié par Rémi De Vos, à l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) enfin, dans le cadre du Département d’Ecriture Dramatique fondé par Enzo Cormann. Nous n’oublions pas les Moussons (d’hiver et d’été) de Pont-à-Mousson, ni la Chartreuse à Villeneuve-lez-Avignon. Ces diverses structures ont accueilli les auteurs pour des expériences d’écriture, des rencontres, des résidences, des lectures, des ateliers... Aujourd’hui, La Coopérative d’Ecriture prolonge l’exploration de ce qui a été engagé dans ces espaces.

La coopérative se fixe quatre objectifs principaux : •Valoriser l’écriture contemporaine par la diffusion et la création de dispositifs collectifs d’écriture : Bals Littéraires, Consultations Poétiques, Mots Vagabonds, Le Dortoir, Fenêtres avec vue, Please Plant This Book, Nuits du Patrimoine, Murs d’Ecriture... Spectacles, lectures, ateliers, etc. Ces dispositifs sont répertoriés et leur déroulement est détaillé dans le programme de la Coopérative.

•Développer les commandes d’écriture afin de constituer un répertoire de textes propre à la Coopérative. Chaque année, La Coopérative d’Ecriture passera commande d’une pièce à deux des auteurs fondateurs. Ce répertoire de textes sera publié, en association avec une maison d’édition partenaire.

•Favoriser la rencontre des auteurs avec d’autres artistes (danseurs, comédiens, musiciens...) au cours d’expériences d’écriture autorisant le croisement, l’alliance, entre écriture et danse, écriture et mise en jeu, écriture et musique...

•Favoriser l’échange avec des auteurs étrangers à travers des plates-formes de traduction, des invitations à participer aux expériences d’écriture collectives définies par la Coopérative.

La Coopérative d’Ecriture n’est pas un club fermé. Nous inviterons d’autres auteurs à nous rejoindre, pour partager ponctuellement ces dispositifs de jeu et agrandir le champ de travail et de réflexion.

Samuel Gallet / Marie-Pierre Besanger / Le Bottom Theatre




HELIAN



EXTRAIT :

1.

''Dernier étage d'un immeuble à la périphérie. A proximité d'une nationale. En face, un immense cimetière balayé par le vent. Samia, une lettre dans les mains, face à une équipe de télévision.''

SAMIA. - Voici la lettre que ma mère a reçue. Comme elle le savait ou devait s'y attendre. Comme elle avait toujours su qu'elle allait recevoir une lettre de la sorte. Disant les choses meurent. Disant le temps passe. Disant toutes ces évidences froides et plates contre lesquelles on ne peut rien. Deux immeubles vont être détruits, les habitants doivent partir et c'est pour ça que vous êtes venus. Pour ça que je vous autorise à promener vos regards sur les vitres, les murs, le sol, que je vous laisse vous débattre entre vos idées toutes faites et vos idées à faire. Installez-vous. Ne vous gênez pas. Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Je ne vis plus dans cet immeuble, ma vie est ailleurs et je suis heureuse qu'elle le soit. Mais aujourd'hui il a bien fallu que je revienne là où je suis née, là où ma mère a passé la plus grande partie de sa vie, apprenant à se taire, à se recroqueviller, à encaisser les jours, à disparaître. Elle ne pourra pas vous parler, elle est dans sa chambre et ne veut plus en sortir. Ce sont les HLM qui m'ont appelée. Les gens qui cherchent des appartements neufs et les proposent à la place des anciens. Ce sont eux qui m'ont demandée de venir. Votre mère ne parle pas, votre mère ne veut rien visiter du tout, nous lui montrons des plans, des maquettes, elle regarde par la fenêtre et demande si elle peut sortir. Je connais ma mère. Depuis la mort de mon père, j'essaie de la convaincre de quitter cet appartement froid, cet immeuble qui s'enfonce dans le sol. Avec l'argent gagné, je pourrai dire repris de force, dans un esprit de vengeance confuse, à ceux qui n'en lâchent jamais que des miettes. Les banques où je travaille. Les bureaux où je ne me laisse jamais aller, belle, alerte, propre, irréprochable, toujours sur le qui-vive. Avec cet argent, je peux louer un appartement dans le centre, neuf avec vue sur le fleuve, avec des ascenseurs qui ne tombent jamais en panne, avec n'importe quoi pour mettre ma mère à l'abri et qu'elle n'ait jamais rien à demander à personne sinon à moi. Voilà ce que j'essaie de lui faire entendre depuis des années, voilà ce que je voudrais qu'elle accepte. Mais elle me passe la main dans les cheveux et si j'insiste elle regarde dehors. Le centre est vraiment trop loin de tout, pourquoi est-ce que tu t'inquiètes ? C'est ici qu'elle a vécue, ici qu'elle veut rester et finir. Alors je la regarde dans ses habitudes, je mets le chauffage, j'éteins le chauffage, je lave la vaisselle dans l'évier, je lui sers le thé, je fais les milles petites choses de cette vie de tous les jours et je vous accueille comme mes parents m'ont toujours dit d'accueillir les étrangers : élégance, dévouement, courtoisie. Evidemment je vous souris. Evidemment vous me trouvez charmante. Belle, propre, irréprochable. Terriblement réelle. Terriblement touchante. Comme si vous saviez déjà qui j'étais. Vous venez pour comprendre qui nous sommes. Ce que nous devenons. Qui sont nos parents nos morts et nos frères. J'ai deux bâtons de dynamites dans le coeur. Je ne peux rien vous dire de plus.

''L'équipe de télévision s'en va. Une porte claque''.

DANS L'EXPECTATIVE THEATRALE



Article paru dans le journal de LA FEDERATION THEATRE dirigé par Philippe Delaigue et Sabrina Perret



''Chaque conversion du monde connaît ces déshérités qui ont perdu leur passé et n'ont point de part en ce qui est à venir. Car même le plus proche est distant pour les hommes. Mais nous, au lieu d'en être troublés, ayons le courage d'affermir la forme de ce qui est encore reconnu.''

Rainer Maria Rilke - Septième élégie de Duino. Traduction Lorand Gaspar.


Comédie de Valence. Octobre 2009. 8H30 du matin. J'arrive de Lyon pour conduire un atelier d'écriture hebdomadaire avec des étudiants. Je marche de la gare au théâtre avec les propos de Gérard Noiriel en tête, de ce qu'il dit du malaise ressenti par bons nombres d'artistes et de chercheurs dans les lieux qui sont ou devraient être les leurs. Je rumine dans le matin froid un bazar d'idées décousues, quotidiennes, automatiques pour qu'il en sorte quelque chose de convenable, pour ne pas être homme du ressentiment, celui qui n'arrive jamais à digérer, qui ne parvient pas à trouver une forme. Arrivé sur le seuil du théâtre, face à la porte fermée, je ne retrouve pas les clés que l'on m'avait remis deux semaines plus tôt. Panique violente et irrationnelle qui, je le sens très distinctement alors sans pour autant parvenir à la juguler, parle de bien autre chose que d'un simple problème d'intendance. Après quelques minutes de vertige intérieur et de fouille corporelle intégrale, l'affaire se règle comme si de rien n'était. On m'ouvre, la journée commence, le commissariat qui jouxte le théâtre ne manifeste aucune agitation particulière, personne ne m'embarque en garde à vue. Je croise un comédien de connaissance. Nous échangeons quelques mots. J'ai perdu les clés du théâtre, je dis. Il me regarde d'un air vague. Moi aussi ça m'est déjà arrivé. Et nous en restons là. Je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui demander s'il les avait retrouvées. On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises, écrivait René Char. J'ai la manie de vouloir, au théâtre tout du moins, lui donner tort.

SUITE DE L'ARTICLE
DANS L'EXPECTATIVE THEATRALE

Enzo Cormann revue Registres



Cormann







Après le succès de son numéro sur Michel Vinaver, la revue Registres publie un deuxième hors-série consacré à Enzo Cormann,, « dramaturge et passeur », une des figures les plus en vue du théâtre contemporain en France. C'est l'occasion de rendre visible l'exemplaire diversité de son travail d'auteur dramatique et de théoricien, de romancier et de poète.Outre un jazz poem inédit et un album original, sorte d'autoportrait conçu spécialement pour ce numéro, la première partie du volume contient des articles et des conférences de l'écrivain lui même, donnant un aperçu de son travail d'essayiste ; la deuxième partie, quant à elle, rassemble un nombre d’entretiens, d’articles et de témoignages de nature à traduire le mouvement novateur de cette œuvre complexe et exceptionnellement variée.

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MARIE DILASSER

Article paru dans Le Carnet de Lecture d'Aneth numéro 16 ( 2009 )

Petite note sur le théâtre de MARIE DILASSER


JE VEUX SAVOIR QUI EST PAULE KADILLAC.

Où passe mon désir dans la meute ? Quelle est ma place au sein de la meute ? Où sont mes tribus ? Comment disposer mes tribus ? S'interrogeait en substance le philosophe Gilles Deleuze dans l'Abécédaire à propos du désir et des territoires. Autant de questions qui hantent Paule Kadillac, Arsène Droch, Elfie Rhazad et tous les autres membres de cette tribu nomade et déglinguée que Marie Dilasser trimballe d'histoire en histoire, de sexe en sexe, de profession en profession, de nationalité en nationalité. Formes en perpétuel devenir, ces personnages énergumènes ( ou comme il vous plaira de les appeler ) ne cessent de changer d'âge, de relation et de condition. Nous sommes inadéquats, répètent-ils. Nous ne sommes pas des inadaptés mais des inadéquats chroniques. Nos vies sont des pâtes à modeler sous la pression de mains étrangères. S'il y a bien une chose de sûre, c'est qu'ils ne savent pas pourquoi ils sont ce qu'ils sont, alors ils se débrouillent. L'identité comme accident est au coeur de cette dramaturgie.

S'originant dans une révolte face à ce qui réduit l'individu à quelques caractéristiques sexuelles, familiales, administratives, le théâtre de Marie Dilasser pourrait se contenter d'être un appel d'air et une attaque en règle contre une société assignant chacun à résidence étroite et surveillée. Mais plus qu'un simple cri d'indignation, il travaille à montrer comment l'identité se construit au coeur de la communauté, comment l'individu est pris dans des relations de groupe. Les protagonistes sont toujours réunis dans un microcosme singulier. Ils vivent ensemble et c'est en fonction du désir des uns et des autres qu'ils se cherchent, s'inventent et se transforment. L'identité est question de stratégie politique et amoureuse. Soit pour se faire accepter, soit pour accepter, soit pour se protéger d'autrui. Examiner les mouvements d'assignation à des rôles, les transferts d'énergies, les déplacements d'identités que le vivre ensemble produit est un des enjeux centraux de cette écriture. Rien d'étonnant à cette lumière d'entendre l'auteure déclarer ne pas se sentir très à l'aise avec le monologue. Son théâtre est un théâtre de groupe, de la confrontation de l'individu avec le groupe, de sa transformation au sein du groupe, jamais un théâtre de l'Homme ou de la Femme seul(e).

Marie Dilasser parle beaucoup de Francis Bacon, du geste de déformer les corps pour révéler leur instabilité ontologique. Je veux savoir qui est Paule Kadillac, avait-elle répondu à une question portant sur son projet d'écriture. Pour corser l'affaire, elle souhaite également savoir qui sont tous les autres. Pressentant qu'une vie entière ne pourrait venir à bout de l'entreprise, nous lui avons demandé jusqu'à quand pensait-elle travailler avec les mêmes totems. Je cherche à épuiser le système. Trouver un endroit de stabilité où ils puissent enfin être. Disparaître. Gageure impossible ? Affaire à suivre.






LE MONDE ME TUE ( recueil de six pièces courtes )




Le monde me tue


« Ou le monde me tue, ou je tue le monde ! » Cette réplique d’Accatone, extraite du film éponyme de Pier Paolo Pasolini, a servi d’impulsion à l’écriture des six drames brefs réunis dans cet ouvrage.

Ces pièces, de facture et de tonalité aussi diverses que les personnalités de leurs auteurs - tous jeunes écrivains issus de la première promotion du département d’écriture dramatique de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) - témoignent des violences du monde. Guerre des peuples ou des esprits, altérités problématiques, clandestinités... hantent ces éclats d’un monde où la farce le dispute sans cesse à la catastrophe.

Ce recueil comprend six pièces courtes :

Trop compliqué pour toi, de Cédric Bonfils (3 femmes) ; Le chat de Schrödinger en Tchétchénie, de Marie Dilasser (4 hommes, 2 femmes) ; Les cravates, de Thibault Fayner (3 hommes) ; Autopsie du gibier, de Samuel Gallet (2 hommes, 2 femmes) ; Toute cette neige, de Olivier Mouginot (2 hommes) ; Les blés, de Sabine Tamisier (1 homme, 3 femmes).

Samuel Gallet


LES ENFANTS ATOMIQUES (2012)
Commande du PREAU - CDR de Vire - ( Région Basse-Normandie )
Mise en scène de l'auteur mai 2012

EROLD (2011)
Mise en musique Baptiste Tanné/Grégoire Ternois
Le Préau - CDR de Vire ( Région Basse-Normandie )
Décembre-Janvier 2012

REANIMATION ( 2010 )
Mise en Scène Kheirredine Lardjam
Avec Aurélie Edeline
CDR de Vire ( Avril 2011 )

COMMUNIQUE NUMERO 10 ( 2009 )
Éditions Espaces 34

Pièce lauréate des Journées des Auteurs de Lyon 2010 Mise en espace par Philippe Labaune, compagnie du verseau, le 27 novembre 2010.
Pièce "coup de coeur" 2011 du comité de lecture du Panta Théâtre.
Pièce sélectionnée par la Moisson des auteurs, mai 2011, Entr’Actes-Sacd.
Sélectionnée par A mots découverts qui propose une lecture aux Mardis midi du Théâtre de Rond-Point, Paris, dirigée par Nathalie Demnard, le 27 juin 2011.
Mise en lecture par Jean-Philippe Albizatti, lors des Rencontres de Brangues (38), en partenariat avec la Sacd et France Culture, le 26 juin 2011.
Pièce traduite en allemand par Sylvia Berutti-Ronelt, et publiée dans la revue Scene n°14.
Pièce traduite en tchèque par Markéta Machacikova.
Pièce traduite en anglais pour le festival "Voices from... Des voix", partenariat du service culturel du Consulat Général de France à San Francisco et la Playwrights Foundation.
Lecture dirigée par Rob Melrose, à Z space, San Francisco en mai 2012.
Pièce sélectionnée pour le Prix Collidram 2012 de littérature dramatique des collégiens remis en mai et pour le Prix Sony Labou Tansi des lycéens 2012 attribué à la même période.

HELIAN ( 2009 )
Mise en scène Marie-Pierre Besanger.
Espace Jean Gagnant Limoges.
Novembre 2009.

OSWALD DE NUIT ( 2007)
A paraître aux Editions Espaces 34
Mise en musique Baptiste Tanné/Mélissa Acchiardi
Comédie de Valence.
Festival Temps de Parole. Mai 2007.
Theâtre de Privas. Janvier 2010.
CDR de Vire - mai 2011

L'ENNEMI ( 2009)
Mise en musique Baptiste Tanné/Mélissa Acchiardi/Jean-Philippe Albizzati
Festival Regards Croisés Troisième Bureau.Mai 2010
Mise en scène Frederic Andrau Compagnie La main gauche.
Toulon. Novembre 2009

AUTOPSIE DU GIBIER ( 2007) Editions Espaces 34( dans le recueil Le monde me tue ) .
Mise en scène Guillaume Delaveau.
Ensatt.
Juin 2007.

ENCORE UN JOUR SANS ( 2006 ) Editions Espaces 34.
Pièce finaliste Grand prix littérature dramatique 2009.

Pièce sélectionnée par Entr’Actes, Moisson des auteurs, n°37, février 2010.
Nouvelle création par la Compagnie des Choses, dans une mise en scène de Céline Dely, avec Julien Bouvard, Renaud Triffault, Annick Gernez et Céline Dely, Théâtre Massente, Lille, février 2011.
Création par la compagnie Un Pas puis l’autre dans une mise en scène de Laurence Such, avec Laurianne Baudouin, Jérémie Bédrune, Jérémy Colas et Clémentine Yelnik, en novembre 2010.
Tournée en 2011 : Le Grand Pré, Langueux (22).
Lecture dans le cadre de Troisème Bureau, dirigée par Dominique Laidet, à Grenoble, le 19 mars 2009.
lecture à la Mousson d’été par Pierre Pradinas en août 2006.

L'EPERDU ( 2006 )
Mise en onde Christine Bernard-Sugy.
France Culture.
Septembre 2006.

LES BIENS IMMOBILES (2005 )
Mise en onde Christine Bernard-Sugy.
France Culture.
Septembre 2006.

POINT DE DEPART ( 2005 )
Mise en onde Christine Bernard-Sugy.
France Culture.
Septembre 2006.

LE GRAND BÂTIMENT JAUNE ( 2005 )
Mise en scène Philippe Delaigue.
Comédie de Valence.
Festival Temps de Parole Mai 2006.





Contact : samuelgallet@live.fr